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De l'envol de l'aigle à son nid

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De l'envol de l'aigle à son nid

Message par Jaghatai Dotharl le Sam 4 Juin - 23:14

Un simple message

Tout avait commencé par un simple message glissé sous la porte de l'entrepôt. Quelqu'un qui clamait en savoir sur eux, sur lui. Usant d'un pseudonyme, l'individu annonçait à demi-mot rejoindre leur cause, pourtant il n'avait donné qu'une suite de chiffres et un croquis d'une région inconnue.

Il avait confié le décryptage et l'identification du croquis aux Axiomes, la moitié des résultats étaient déjà revenus : Gouttelune, dans le thanalan occidental, au nord de la baie des vèpres. Quelqu'un cherchait à leur pointer quelque chose dans cette région,  il s'était alors tourné vers la seule chose à proximité qui aurait pu susciter son attention : Le Cap Vendouest

Voilà plusieurs nuits qu'il guettait le cap, lorsque la brume était clémente, depuis un appontement au nord d'horizon et à la limite des portes de fer délimitant les contrées sauvages et les territoires annexés de l'empire Garlean. Des lumières et parfois un Astronef qui effectuait le trajet jusqu'au Castrum Marinum, planté là dans la nuit étoilée comme un phare sinistre et mécanique. Bien au-delà de la portée des sons, le Septième Maître ne pouvait qu'observer de loin ce qui semblait être un regain d'activité sur la péninsule pourtant étêtée il y a quelques années.


Pour quelqu'un comme lui approcher du cap était un projet irréalisable et au sein des effectifs restreints de la compagnie ce sentiment se généralisait. Il fallait alors employer d'autres méthodes, et parmi ces dernières les gils se situaient en tête de pont. Il dirigea son destrier vers la porte nord, la faisant ouvrir par les lames de cuivres avant ce s'engager dans les tunnels.

Le galop du chevalier résonnait contre les parois couvertes de poutres pour maintenir l'intégrité des excavations, pour le faire traverser un à un les autres portiques successifs. Le Septième Maître laissa son destrier au niveau dernier portail de fer, s'avançant encore jusqu'au limites de l'obscurité, laissant soin à la voûte céleste d'éclairer l'espace devant lui. Et il attendit, un temps qui n'avait pour lui aucune importance, tant seul l'objectif comptait.

Une silhouette se dessina, dans la nuit, surgissant à pas lents d'un rocher pour se diriger dans sa direction. Un elezen portant un uniforme de soldat impérial, une lance en travers de son dos le désignant comme un Laquearius au sein de sa cohorte. Il se tint à bonne distance, esquissant un sourire dans la pénombre en apercevant l'homme armure, une légère surprise traversant son regard à peine visible lorsqu'il jaugea de la taille de son interlocuteur.

"Vous avez ce que j'ai demandé ?" Fût toute le protocole dont il usa pour se présenter à Jaghatai.

D'un seul geste, le chevalier décrocha une bourse de sa ceinture, la lançant à l'Elezen qui s'en empara avidement, lorgnant et énumérant le contenu avant de relever son visage ravi vers son nouvel employeur.

"Parfait, parfait. Ca fait depuis la chute de Van Baelsar que j'suis affecté au cap, d'ordinaire il s'agit juste de tenir les positions par principe et il se passe pas grand chose, mais depuis quelques semaines le Castrum Marinum à envoyé des cohortes en renfort, on commence à stocker du matériel en grandes quantités. On m'a même relégué à l'enceinte extérieure, du coup je sais pas trop ce qui se trame plus vers le Castrum, mais parfois j'entends des cris et je crois qu'ils ont fait des rafles dans des villages côtiers de la Noscea et du Thanalan. Y a p'têtre d'autres choses mais je prends des risques..." Annonça l'Elezen devant le placide de son interlocuteur.

Ce dernier se contentait d'écouter, le visage éternellement masqué dissimulant la moindre émotion ou humanité, lançant à son indicateur une nouvelle bourse, il l'invita à continuer d'un geste du gantelet.

"Ouais et.. y a aussi des convois qui partent par la porte, je mettrai ma main à couper qu'ils vont pas à la Baie des Vèpres hein, mais je sais pas, on dirait qu'ils s'évanouissent dans la nature et j'ai pas les autorisations d'en savoir plus ou de suivre leur trajet."  Continua l'homme dont la langue déliée par les gils se montrait intarissable.

Jaghatai se contenta de hocher le heaume dans un raclement sourd, écoutant.

"Y paraît aussi, mais la je risque cher..." Ajouta l'homme avant de recevoir une nouvelle bourse de gils. ".. qu'un second Tribunus est au Castrum Marinum. Je l'ai pas vu en personne mais il paraît qu'il inspecte les installations avec Fabius Sas Calavius de temps à autre et qu'on à jamais vu le Tribunus aussi nerveux..."

"Est-ce tout ?" Demanda le chevalier à son informateur.

"Ouais c'est tout ce que j'ai pour l'instant, mais dans quelques semaines j'aurai sûrement du nouveau si j'arrive à fourrer mon nez partout." Répondit l'elezen avec un sourire confiant.

"De quel côté de cette guerre êtes-vous." Lui demanda le chevalier d'une voix monocorde.

"Vous savez, moi la guerre c'est surtout une question d'être dans le camp qui gagne et d'arrondir mon train de vie. Empire, Gridania, U'dah, c'est pas important. Souvenez-vous de ça, j'ai un prix pour tout." Lui répondit-il avec un sourire narquois.

"Nous nous en souviendrons." Acheva le chevalier.

D'un geste ample et souple, il sortit sa lame du baudrier qui la suspendait dans son dos, décrivant un arc de cercle d'une précision sans équivoque. Le tranchant pénétra l'informateur au niveau de la clavicule, traversant son corps pour ressortir au dessus des hanches et heurter le sol dans un bruit sourd.

"Nous n'oublions jamais." Ajouta-t-il, avant de faire demi tour, laissant là le corps fendu en deux qui s'affaissait tête la première, renversant au sol les gils qu'il tenait.

"Gardez votre dû, il est mérité."

Les pas lourds et entrechoqués de métal du chevalier s'éloignèrent, retournant vers son destrier en rengainant la lame ensanglantée dans son dos.

Maintenant, il savait.
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Re: De l'envol de l'aigle à son nid

Message par Jaghatai Dotharl le Sam 4 Juin - 23:15

Le moment de suivre la piste de l'Aigle était arrivée, et dénouer le premier courrier énigmatique qu'ils avaient reçu.

Ils se retrouvèrent en bas du Chevalier Oublié, se rassemblant avant de partir vers le Thanalan. Profitant de la présence d'Amaria Gishi et de Didimiaou Dimiaou, le Maître invita la Raen à participer à la mission, sachant ses griefs envers l'empire Garlean.

Devant son agrément, le groupe se dirigea vers l'éthérite d'Ishard avec pour consigne de se retrouver à Horizon, dans le Thanalan Occidental. En un battement de cils ils atteignirent leur destination, préparant montures et matériel en vue de leur destination : Gouttelune.

Amaria Gishi ne tarda pas à les rejoindre et les quatre Ao'ra, Amaria Gishi, Tsubaki Nagae, Khorijin et Jaghatai Dotharl, se mirent en mouvement vers la vallée des rois,embrayant ensuite la route en direction de la baie des vèpres. Ils traversèrent le village portuaire pour y laisser leurs montures avant de virer vers le nord pour traverser le camp des lames de cuivre, ouvrant ensuite successivement les différentes portes délimitant la fin du territoire d'ul'dah et le début d'un no man's land.

Longeant la paroi est pour éviter de tomber sous le regard du cap ventdouest, le quatuor marchait au pas forcé en direction de la grotte ou les coordonnées décryptées semblaient débuter. L'odeur prenante du marécage suintant au repos de parata montait de l'air, à deux pas de la terre craquelée et sèche sur laquelle ils évoluaient. Quelques yalms suffirent pour que le groupe atteigne l'embouchure de la grotte de Gouttelune, l'humidité caverneuse venant se substituer au marécage en quelques instants.

Ils avancèrent à pas résolus, les plus observateurs pouvant constater de traces de passage boueuses, difficile d'en estimer le nombre, mais des humains étaient passés par là au cours des heures précédentes.

Jaghatai Dotharl s’enfonça jusqu'au genou dans l'eau souterraine, avançant vers le fond de la caverne sans tenir compte de la réticence de certains de ses compagnons, il se dirigea vers le fond, carte en main, pour faire face à un rocher rappelant vaguement un disque de deux bons yalms de haut.

"C'est là ?" Demanda une voix féminine derrière lui.


Il se contenta d'une réponse courte avant de pointer une éraflure profonde dans le rocher. D'autres étaient présentes, et il fut rapidement évident que ce rocher masquait une entrée dissimulée vers l'accès qu'ils recherchaient. Ils n'avaient pas de temps à attendre, et après un effort infructueux de la part du Dotharl et de Tsubaki, le chevalier dût se résoudre à user de moyens plus radicaux. Il poussa bien au-delà de la résistance de son propre corps, dans des craquements sinistres et des filets de sang poisseux coulant le long de son armure, et le rocher finit par laisser sa place à un tunnel en pente douce. Les bras le long du corps, inutilisables pour l'instant, Jaghatai les invita à avancer avec lui dans la pénombre.

Le tunnel mesurait au bas mot, quatre ou cinq yalms de diamètre. Parfaitement circulaire - tout du moins à l'origine - il était entièrement recouvert de plaques de métal typiques de l'empire Garlean. La rouille et les mousses souterraines noircissaient cependant ce tableau, et si ce tunnel semblait dater de la bataille de Carteneau, les ravages des infiltrations et de l'humidité ambiante avaient profondément ternies son aspect moderne. De nombreuses dalles de métal pendaient en laissant apercevoir la roche dégoulinante d'eau, de la mousse ou de la végétation inconnue de la surface. Certains étranges champignons fluorescents semblaient ajouter à l'éclairage une sorte de mystère et la sensation d'un endroit séculaire depuis des décennies.

Pourtant l'éclairage impérial fonctionnait le long du tunnel, et bien que ce dernier fût désert, s'y aventurer se faisait sans la moindre difficulté.

Le quatuor avança à bon rythme le long de la route souterraine, par endroits les murs artificiels gisaient, béants, laissant voir des conduits annexes certainement antérieurs à la construction de ce tunnel, l'obscurité ne laissant pas deviner les créatures qui pouvaient s'y terrer. Ils marchèrent pendant peut-être une heure, observant le décor quasi monotone et le tunnel en pente douce sembler s’aplatir, puis remonter comme un arc de cercle vers une lointaine surface. Bien que dans un état semi délabré, les traces de passage fréquent étaient innombrables et il était évident qu'il s'agissait de ce que l'Aigle avait voulu leur montrer : Une ligne de transport entre le cap Vendouest et une autre base impériale.

Ils ne tardèrent pas à entendre résonner des pas, au loin et hors de vue. D'un ordre de leur leader, le quatuor se plaça en embuscade, les uns dans l'embouchure de tunnels latéraux, les autres à demi cachés par le décor houleux, prêts à faire feu.
L'attente suivit, révélant progressivement au groupe la présence de quatre soldats impériaux, un optio monté sur une armure Magitek, et quatre griffes Magitek placées en croix. Ils attendirent le dernier moment, mais l'optio remarqua la présence du chevalier dans la pénombre et ordonna l'attaque, brisant la surprise initialement prévue.

Les bras sévèrement endommagés par son tour de force, le Maître ne pût dégainer son épée et se résolut à combattre par le peu de moyens dont il disposait ainsi pour gêner ses adversaires. Un tir retentit d'une position arrière et l'optio bascula de son armure, emporté par l'impact.
Le combat fit rage, hache lancée à pleines mains, lance perforant les membres, et balles tentant d'en finir rapidement avec l'escouade impériale. Une boule de feu dispersa le groupe un instant, achevant du même coup un hopplomaque déjà sévèrement blessé, d'autres tirs, d'autres coups.

Le combat fût terminé lorsque, blessé de toutes parts, le chevalier noir resserra ses mains sur la gorge du dernier soldat encore debout pour lui extirper son dernier souffle de vie. Il n'avait pas brillé au cours de cet affrontement, ce qui n'avait pas été le cas des autres participants ayant vaillamment attaqué leurs adversaires.

Amaria Gishi fût ressortie des décombres, une explosion du canon magitek monté sur l'armure l'ayant soufflée, elle semblait indemne aux dires de Khorijin et Tsubaki. Mais Jaghatai lui, recherchait leur prochaine piste. Ils avaient profité d'un coup de pouce anonyme, cela ne durerait peut-être pas, et exploiter ce dernier au maximum était pour eux le seul moyen de conserver une inertie dans leur combat. L'optio portait plusieurs documents dans son armure, officiels, ils seraient d'une grande aide dans leur cause.

Blessés, sonnés ou seulement éreintés, ils remontèrent vers leur point d'entrée pour s'exfiltrer du tunnel, refermant derrière eux avec un peu plus d'aisance le rocher. Ils avaient prit soin de camoufler au mieux les traces de leur passage : Les griffes magitek programmées pour le transport de matériel furent détournées par l'Ao'rane des Axiomes, emportant les corps avec elles dans les méandres inconnus des tunnels transversaux, l'armure allant s'y perdre également. Il ne restait qu'impacts et tâches de sang, rien qui permette à leur ennemi de définir la nature de l'attaque et de s'en prémunir dans un premier temps.

Un bilan positif, alors qu'ils retournèrent stationner à la baie des vèpres pour le restant de la nuit, afin de s'assurer que chacun serait en mesure de voyager à nouveau.

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Re: De l'envol de l'aigle à son nid

Message par Jaghatai Dotharl le Sam 4 Juin - 23:16

Des coordonnées, une suite de chiffres.

L'examen préliminaire du tunnel leur avait permis d'en déterminer la structure générale : Filant dans un axe quasi parfait dans une direction abstraite au nord est, sous le Thanalan, sa direction finale en était cependant inconnue.

Les coordonnées que Gishi avait pu extraire du message codées avait été reportées sur une carte, désignant le trajet longiligne qui selon toute logique, déboucherait aux abords du Thanalan septentrional. Pourtant quelque chose n'allait pas, deux des points s'éloignaient de cette ligne directrice, semblant se perdre en direction du sud est une fois la moitié du trajet parcouru.

Le Maître ne pouvait en tirer qu'une conclusion : L'informateur cherchait à leur indiquer quelque chose d'autre, peut-être une voie d'accès secondaire qui leur permettrait d'échapper à la vigilance de l'empire pour aller et venir à la guise dans leur propre voie de ravitaillement. Mais pour le découvrir, ils allaient devoir reprendre l'entrée proche du Cap Vendouest, au risque de se faire repérer.

Un groupe d'éclaireurs avait été envoyé, Amaria, Deimos et Khorijin, afin d'observer à bonne distance les allées et venues entre le Cap Vendouest et le tunnel dérobé. Une longue attente leur permit de confirmer le maintien des convois aux heures précises qu'ils avaient récupéré lors de leur première exploration, mais aussi la présence d'alarums dans le tunnel pour se prémunir d'intrusions qu'elles soient humaines ou proviennent des tréfonds d'Eorzea. Leur attaque remontait maintenant à quelques semaines et la pression était retombée au sein des forces impériales, mais le doute sur l'origine de la disparition d'une des équipes de convoyage semblait planer, en l'absence de corps et de témoins.

Maintenant ils allaient agir.

Le rendez-vous était donné a Horizon comme précédemment, Jaghatai, Khorijin, Tsubaki, Deimos et la plus récente recrue Chisame, s'étaient réunis au beau milieu de la nuit alors que le calme était retombé sur le village. Chevauchant leurs montures personnelles, ou pour certains de location, ils se rendirent en grand silence vers la baie des vêpres, le seul galop du destrier noir résonnant dans les escarpements de pierre Thalanoises.

Leurs montures laissées à la baie, le groupe emboîta en direction du nord, traversant à nouveau les camps des lames de cuivre et les nombreux portiques menant aux territoires sauvages et au Repos de Parata.


Ils longèrent la paroi à l'opposée du Cap Vendouest, restant dissimulés par l’obscurité, jusqu'à atteindre la Grotte de Gouttelune et s'enfoncer jusqu'à mi cuisse pour les plus petits dans les eaux froides issues de ruisseaux souterrains.
Dénuée de gardes, l'entrée du tunnel souterrain leur faisait face, toujours obstruée par la présence d'un rocher de plusieurs yalms de diamètre. Alliant leurs forces, le Maître et Tsubaki purent le faire suffisamment rouler pour ouvrir un passage et y envoyer le Deimos Malaguld en éclaireur.

Plusieurs mètres en avant, le raen restait en communication par linkperle avec le reste du groupe, signalant de la présence d'alarums installés récemment le long des murs du tunnel. Un câble serpentant le long de ses attaches les reliait entre eux, une lumière rouge s'allumant lorsqu'ils captaient un mouvement : Le raen se tapit en observant ces derniers, avant de décocher un trait magistral sur l'un des boîtiers, la flèche le traversant en s'y plantant. Neutralisé, l'ensemble du groupe put entrer à son tour, alors que le Malaguld répétait son petit jeu avec les boîtiers suivants.

Il réalisa rapidement que son carquois ne suffirait pas et dû se résoudre à tenter d'attacher ses flèches à un câble pour pouvoir les récupérer, en vain. Ajustant sa visée longuement, il opta finalement pour sectionner le câble alimentant les boîtiers, coupant l'ensemble du réseau de sécurité d'un seul trait. L'alarme était neutralisée, mais la panne ne tarderait pas à être remarquée et cela entraînerait certainement l'envoi d'un groupe d'intervention. Ils forcèrent le pas au travers du tunnel précédemment observé, jusqu'à atteindre le point central ou ce dernier commençait à remonter vers la surface.

A l'aide de la carte et des coordonnées, ils rebroussèrent chemin de quelques dizaines de yalms pour faire face à un conduit annexe, d'origine naturelle, qui était à peine obstrué par plusieurs plaques rivetées en hâte. Écartant ces dernières pour s'y glisser, la compagnie fantôme parcourra pas à pas ce qui semblait être une voie naturelle le long de laquelle une gaine métallique courait, à un bon mètre du sol. L'humidité ici était plus forte, aucune plaque de fer impériale ne dissimulant la réalité des rochers ambiants, et ils serpentèrent à la lumière d'une torche pendant un temps incertain en entendant au loin le léger clapotis d'une rivière souterraine.

Au détour du tunnel, ils découvrirent alors ce qui se trouvait au bout de cette gaine métallique : Un portail impérial barrant l'entrée, jusqu'au plafond, d'une petite pièce souterraine. Des grilles de part et d'autre, la herse mobile et son portique étaient flanqués d'une console permettant de s'identifier par le biais d'un code d'accès.

Quelques discussions plus tard, ils optèrent pour la suite de six chiffres dénuée d'explication et fournie dans le message de l'Aigle : 5404924.
Le terminal répondit d'un bip encourageant, avant d'afficher sur son écran : "Bienvenue Fabius Sas Calavius".

Dans un grincement de métal rouillé, la herse s'abaissa pour leur offrir libre passage, dont ils profitèrent après s'être assurés qu'elle pouvait être déverrouillée des deux côtés. Une fois passés, la herse se referma dans leur dos tandis qu'ils continuaient leur exploration de ce territoire inconnu, guidés par le son d'une rivière souterraine.

Après quelques minutes de marche, le tunnel finit enfin par déboucher sur une large pièce souterraine, proche un bon demi malm de long, dont la vision surplombante qu'ils avaient offrait un panorama luxuriant et tout à fait improbable.

Eclairée par la lueur bleutée de champignons tantôt gigantesques et parsemant un bosquet végétal, tantôt suspendus à la voûte de cette colossale pièce souterraine, une rivière souterraine débouchait sur une large étendue d'eau nichée derrière la végétation. Ils pouvaient discerner à la surface de l'eau le froissement causé par une arrivée d'air, sûrement à l'origine du tunnel qu'ils distinguaient à l'opposée de leur position.

Sans d'autres choix sinon rebrousser chemin, la compagnie descendit la pente douce qui menait au bosquet souterraine, marchant sur un tapis de vignes entrelacées couvrant le sol. Alors qu'ils entraient dans ce qui s'avérait être une véritable jungle souterraine, au bourdonnement d'insectes tourbillonnants, Tsubaki aperçut un objet alors qu'elle fermait la marche. En s'approchant, la Domienne constata qu'il s'agissait d'un casque impérial arborant encore les couleurs noir et rouge des soldats, abîmé par la mousse et l'humidité. Le laissant au sol en restant sur ses gardes, ils s'enfoncèrent dans la jungle de lianes et de champignons en surveillant leurs arrières, et leurs avants.

Un mouvement fugace attira l'attention de l'un, ou de l'autre. Il leur sembla un instant qu'on les observait ou qu'on les encerclait, sans que l'intrus ne puisse être identifié. L'astromancienne eu le sentiment d'avoir vu une liane se déplacer, avant de la perdre de vue dans l'épaisse végétation. Préférant alors provoquer un affrontement plutôt que devoir le subir, la décida de hâter les choses : L'archer Malaguld encocha une flèche incendiaire qu'il décocha dans leur dos, la flammèche descendant en courbe avant de heurter le tapis de lianes dans un crépitement.

C'est alors que toute l'apparente forêt souterraine sembla frissonner et trembler. Le tapis de liane oscilla avant de se rétracter d'un seul mouvement vers le centre du bosquet, manquant de les faire chuter alors que les lianes laissaient désormais voir le véritable sol de ce microcosme souterrain : La terre meuble servant de terreau à la végétation était également parsemée d'ossements parfaitement nettoyés, trahissant les restes d'uniformes impériaux. Soudain la présence d'une herse impériale scellant l'accès leur parût tout à fait compréhensible.

Ni d'une, ni de deux, ils s'enfoncèrent arme en main pour charger leur adversaire encore inconnu.


Ils firent front avec un créature abominable, entrelacs végétal de lianes rassemblées entre elles pour former ce qui pourrait être un corps et des pattes, au sommet desquels trônait une fleur d'un rose pâle. Deux grosses tresses de lianes barbelées lui servaient de bras que la chose asséna avec force sur les premières lignes du groupe. Peu versée dans l'art du combat, elle essuya des déconfitures face aux armures lourdes de Jaghatai et Tsubaki, laissant néanmoins des piquants barbelés entre les plaques de protection, chaque assaut ne laissant pas ses victimes totalement indemnes.

Ils combattirent comme des lions, affrontant l'abomination en arrachant lianes sur lianes sans sembler l'atteindre réellement. Alors que le Malaguld cherchait à fournir de l'éclairage à son équipe, une des grosses lianes le souffla d'un revers en lui faisant perdre sa torche. Décontenancé, il décocha plusieurs traits en direction de la fleur qui finît par s'ouvrir en dévoilant un visage grotesque et déformé, hurlant un seul silence envers ses adversaires. Combattant avec volupté et souplesse, la Dotharl armée de sa lance "Serre-noire", spécialement conçue par les Axiomes, peinait à blesser l'adversaire au même titre que le Maître, dont ni l'épée ni la magie noire ne semblaient faire un quelconque effet. L'astromancienne prodiguait des soins et soutenait ses alliés, tandis que la Domienne semblait faire de son coté un bilan plus brutal du tranchant de sa hache, tailladant tant qu'elle pouvait.

Après des blessures aussi nombreuses d'un coté comme de l'autre, les lianes extérieures les plus dures finirent par gésir au sol, libérant plus de manœuvre aux combattants qui firent court de la créature, l'abattant finalement d'attaques conjointes. S'effondrant au sol, la fleur fana presque dans l'instant, le visage grotesque flétrissant en tombant au sol, détaché de sa base.

Affairée au rétablissement des blessures tandis les combattants retirèrent les échardes de leurs cuirasses, Chisame prit soin de rétablir les différents protagonistes avant qu'ils ne continuent sans un regard vers la créature, quittant finalement le bois pour longer le lac souterrain par une de ses rives. Ils atteignirent le tunnel intriguant d’où semblait s'échapper un vent tiède.

Le tunnel plus sec, remontait en serpentant vers la surface a mesure que la température augmentait, et ils finirent par déboucher à l'aube sur un panorama désertique inconnu. Un examen des lieux, et la vue d'une voie de chemin de fer a quelques Malms de distance, leur signala la proximité du réseau de Roncenoire. Exténués mais soulagés, ils marquèrent l'entrée du tunnel d'un linge coloré calé sous une pile de pierres plates pour pouvoir le retrouver aisément, tandis qu'ils se préparaient à une bonne heure de marche sous le soleil naissant.


L'expérience fût inattendue, mais ils avaient triomphé, et surtout : Désormais, ils pourraient accéder à la voie de ravitaillement impériale librement, à condition que leur passage ne soit pas découvert.

De son pas lourd et sonore, le Maître marcha en direction des structures à peine visibles, entouré de la compagnie fantôme.

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Re: De l'envol de l'aigle à son nid

Message par Jaghatai Dotharl le Sam 4 Juin - 23:16

C'était pour ce soir,

Des chocobos avaient été loués et stationnés en gare de roncenoire et ce plusieurs jours avant l'assaut prévu, sellés et munis de fontes, ils pourraient transporter assez de marchandises pour renflouer les caisses de la Compagnie, désespérément vides depuis l'achat du pavillon à la coupe.

La compagnie avait rendez vous sur place, le Maître avait souligné l'entrée de leur voir d'accès avec bien plus de visibilité désormais. Ils se rejoignirent près de l'étherite, ils étaient cinq, Khorijin, Amaria, Chisame, Deimos, et comme toujours, Jaghatai. Tsubaki avait été envoyée à proximité du cap vendouest avec pour mission d'alerter des mouvements de troupes suspects laissant présager le déclenchement d'une alarme, et leur permettre une retraite avant toute intervention en surnombre.


Chacun d'eux montait un chocobo de trait, se saisissant d'une seconde paire de rennes pour en mener un second à l'exception du Maître qui chevauchait son destrier adjoint de fontes pour l'occasion, lui aussi menant avec rigueur un volatile de trait.

Ils prirent vers l'ouest sous le soleil déclinant, en file indienne, chevauchant à la suite du Maître comme s'il suivait les points d'une boussole, sinuant entre les monticules rocheux alors que la fraîcheur nocturne s'installait.
Le groupe atteint finalement l'entrée, devant les piaillements peu rassurés des montures. Ils n'eurent que le temps de discuter brièvement avant que le chevalier ne s'enfonce dans les profondeurs du désert, le temps était compté.

Une sinueuse descente au fins fonds des sous-sols Eorzéens, à la lueur d'une ou deux torches, ils finirent par atteindre l'oasis souterraine et ses reflets bleutés scintillants dans l'obscurité, leur éclairant la route d'un ton reposant. Laissant les montures attachées de ce coté du lac, ils rejoignirent l'autre rive en longeant son bord, désormais à pieds.
Ce qui tenait place de jungle aux abords du lac souterrain ressemblait désormais davantage à un buisson sec racorni, les arbres et lianes gisant au sol. De toute évidence le précédent passage de la compagnie avait modifié l'écosystème et cette luxuriante oasis se transformait petit-à-petit en un désert dénué de vie, a l'exceptions de cinq bulbes d'un bon yalm de diamètre, vissés à une épaisse tige chacun jaillissant du sol comme des furoncles aux teints verts.
D'un air curieux, la compagnie passa néanmoins à coté sans plus s'y intéresser, l'objectif ce soir étant déjà déterminé.

Remontant la pente une fois ce spectacle surprenant dépassé, ils s'engagèrent dans le conduit suivant jusqu'à atteindre la herse automatisée, séparant le secteur sous contrôle impérial des étendues sauvages souterraines.

Après bip rassurant, la herse se rabaissa dans un grincement pour laisser passer le groupe armé, impatients de s'échauffer et se mesurer à l'adversaire. Ils connaissaient l'horaire du convoi et sa provenance, mais la nature des défenses et l'évolution des systèmes d'alarme depuis leur première visite leur était désormais inconnus et ils devraient le découvrir pour réagir en conséquence.

L'ingénieur et l'archer en tête, ils progressèrent avec précaution jusqu'à la jonction entre leur chemin d'accès et le tunnel d'acheminement, passant un regard par l'angle.
Des boîtiers d'alarums, placés tous les dix yalms environs et ce à trois yalms de haut minimum. Cette fois cependant, une gaine métallique solidement fixée au mur protège le câblage des tirs contrairement à leur précédente visite. Une précaution sommaire, mais obligeant à une différente stratégie.

Pourtant pas si différente, la raen décochant de son fusil des munitions produisant un champ magnétique, elle prit sur elle de neutraliser une dizaine d'alarums jusqu'à tomber à cours de balles. Une centaine de yalms d'un couloir désormais sûr, dans la mesure ou détruire grossièrement des appareils consiste en une méthode sûre, et où il s'agirait du seul dispositif.

L'équipe inspecta alors un à un les cavités et tunnels adjacents dans la longueur de leur "sécurisation", le chevalier désignant aux autres deux renfoncements profonds face à face, ils décidèrent de s'y placer en embuscade, scindant l'équipe en deux groupes : D'un coté Jaghatai et Deimos, de l'autre Amaria, Khorijin et Chisame.

L'attente fut longue avant que les pas ne commencent à résonner dans le tunnel plaqué de fer rouillé. D'abord distant, se rapprochant à chaque seconde, le son diffus devint un concert de pas de bottes et d'acier à mesure qu'il s'approchait de leur position. Ils retinrent leur souffle, attendant l'ordre par linkperle de lancer l'assaut. Dans l'ouverture, ils purent voir défiler les soldats dans l'ordre. En tête un Hopplomaque, flanqué en arrière de sa position d'un Hastatus et un Secutor. Puis se profilèrent les deux premières Griffes Magitek, avançant en marche arrière pour tenir les extrémités de deux containers noirs. Ces derniers défilèrent pendant près de dix yalms, laissant entrevoir les lourds pas de l'armure Magitek, jusqu'à se terminer par une seconde paire de griffes Magitek maintenant les containers. Deux autres soldats de l'escouade apparurent, un Funditor et un Signifer au moment ou les mots résonnèrent dans la linkperle.

S'élançant avec poids, Jaghatai ouvrit la danse de sa large épée luisante en frappant le Funditor, un trait du Malaguld venant compléter le tableau. De l'autre coté, un tir d'Amaria et un saut de Khorijin prirent le Signifer au dépourvu. Il ne fallut qu'une passe supplémentaire pour que le Signifer soit térassé, le Funditor et son arc laissés grièvement blessé réussissant à caler un trait dans l'épaule du Malaguld, il rejoint son homologue rapidement tandis que le chevalier optait pour le Myrmidon en queue de convoi.

Alors que l'armure Magitek se retournait pour expédier un déluge de tirs sur le trop exposé Maître de la compagnie, deux des combattants de tête du convoi venant prêter main forte à leurs alliés tombèrent sur les membres du groupe, Khorijin les ignorant pour attaquer l'Optio aux commandes de l'armure. Le combat fit rage et malgré des frappes critiques qui furent soulagées par le soutien de Chisame, le combat se termina aux pieds de l'armure Magitek, entre l'Optio et l'Hopplomaque et les membres de la compagnie.

Achevant sèchement le chef du convoi, l'Hopplomaque tenta de battre en retraite au pas de course, mais il fut abattu de plusieurs balles et flèches dans le dos, faisant preuve d'une résistance inouïe avant de s'effondrer finalement.

Le temps était désormais compté, qu'il s'agisse d'une alarme ou du camp de destination remarquant un retard, ils devraient effacer aux mieux leurs traces et évacuer le matériel du convoi en lieu sûr pour le dépouiller.
Les corps cautérisés pour stopper les saignements et limiter les traces de sang furent chargés sur les containers, puis le groupe se scinda en deux, d'un côté Amaria, Chisame et le Maître escortant l'armure Magitek pilotée par l'ingénieur raen, de l'autre Deimos et Khorijin effaçant les traces du combat. A l'aide de terre, d'eau et d'un mélange savant des deux, ils dissimulèrent les impacts de balles, traces de sang et autres détails. Leur vie dans les steppes leur était au moins utile en cela, bien que l'eau ruisselante du tunnel d'approvisionnement finirait tôt ou tard par balayer leur stratagème.

Effaçant les traces du passage de la compagnie et ce jusqu'à la herse par laquelle ils étaient venus, ils passèrent ce dernier en groupe avant qu'Amaria n'essaie de pirater le terminal et effacer le journal des utilisations. Elle fût surprise en apprenant à ses compagnons que le journal d'activation de ce dernier était vide, et que le portail envoyait un signal à intervalle régulier aux terminaux impériaux pour signaler qu'il était clos.

Sur ce mystère, ils continuèrent leur trajet jusqu'à l'oasis souterraine, déchargeant les containers pour trier en usant de leurs connaissances, les butins de valeur et ceux sans intérêt parmi armes, armures, pièces magitek et autres fournitures impériales. Ce qui valait le plus fût chargé dans les fontes des chocobos, le reste replacé dans les containers qui furent, avec trois des griffes magitek et l'armure magitek, immergés dans le lac souterrain, s'enfonçant dans les eaux noires avant de disparaître à la vue.

Amaria souhaitant conserver une griffe magitek, elle dût s'assurer qu'elle était débarrassée de tout traqueur avant de pouvoir l'emmener avec le reste des fournitures.

Ils remontèrent vers le Thanalan, au terme de la nuit, dissuadant les patrouilles des lames de cuivre de les arrêter par leur nombre et leur singularité, pour rejoindre le Castrum Justitiae. C'est sûr place qu'ils inventorièrent le matériel afin de préparer la revente ou refonte de ce dernier, en vue de renflouer les fonds de la compagnie.


La chasse avait été fructueuse, mais ses conséquences sur le long terme étaient encore inconnues.

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Re: De l'envol de l'aigle à son nid

Message par Khorijin Dotharl le Sam 4 Juin - 23:18

Ils avaient reçu un autre pli signé part "l'Aigle", l'informateur qui n'avait plus donné de signe de vie depuis longtemps été réapparut avec de nouvelles informations à déchiffrer.
Après s'être longuement concerté dans la salle de réunion et avoir étudiés les cartes, les membres de la Compagnie Fantôme s'étaient mis d'accord pour se lancer dans l'exploration de cette nouvelle opportunités. Néanmoins, un doute subsistait sur les intentions de cet informateur anonyme.

Une première mission de reconnaissance fut voté par l'ensemble, Deimos Malaguld, Amaria Gishi et Khorijin Dotharl seraient envoyés vers Brumebleue à l'aide des coordonnées fournies et décodées par la Raen.
Tsubaki fit jouer ses contacts pour dénicher un laisser passer pour le premier groupe, se présentant naturellement comme une Compagnie libre envoyée par la guilde des aventuriers afin de travailler pour le compte d'Amajina et fils.

C'est ainsi que le groupe d'éclaireurs partit à dos de monture vers Brumebleue, préférant se retrouver sur place plutôt que voyager en groupe et risquer d'attirer l'attention des plus curieux.
L'épaisse et mystérieuse brume bleue qui donnait son nom au lieu envahissait la région, les accompagnant à chacun de leurs pas vers l'usine de Céruléum. Malgré quelques contrôles, le groupe arriva sans difficultés à destination : Le massif complexe caché derrière d'épais murs et placé en amont d'une falaise donnant sur les champs de céruléum.

Déposant leurs montures respectives aux écuries, les trois compagnons se fondirent naturellement dans la masse des employés de l'usine, et Il leur fallait maintenant atteindre les champs de Céruléum spécifiquement où les coordonnées fournies par L'Aigle semblaient les mener.
Pour ce faire et après s'être finalement mis d'accord, les trois Ao'ra empruntèrent le pipeline au dessus de leurs têtes dans l'idée de traverser les champs plus rapidement tout en profitant de la hauteur pour observer leurs objectifs. Le camp s'était rapidement vidé au tintement de cloche annonçant le repas des ouvriers, permettant au groupe de grimper les échafaudages sans attirer l'attention.

Passant sans difficulté à travers une épaisse grille censée dissuader les ouvriers d'aller plus loin, ils marchèrent longtemps, mais non sans prudence, utilisant le pipeline comme une route bien tracée vers leur objectif. Ils ne tardèrent pas à apercevoir ce qui semblait être un bâtiment de forage apparemment abandonné, correspondant aux coordonnées déchiffrées par Amaria.
Descendant avec une agilité plus ou moins certaine du pipeline, le petit groupe se dirigea vers la structure à couvert des pics rocheux bordant les bassins.
Malgré l’évidente absence de gardes devant les lieux, la Dotharl lança une pierre en direction de l'édifice, sans aucun résultat. Gishi qui était placé à son opposé, réitéra l'opération sans plus de succès.
En l'absence de réaction et d'alarme, la Xaela se décida sans attendre de bondir vers la bâtisse. Elle fit face à une épaisse porte en métal, sensiblement tiède, présente pour condamner les lieux.
Rapidement rejointe par ses compagnons, Khorijin brisa l'une des lucarnes embuée et se glissa à l'intérieur, non sans récolter quelques écorchures.

Deimos laissa les deux femmes, plus fluettes, se faufiler par la fenêtre, son arc bandé et aux aguets. A l'intérieur les deux Ao'ra fouillèrent rapidement les lieux jusqu’à tomber sur une grille scellant l'ancien puits d'extraction, la rouille et la poussière indiquant qu'il avait été scellé depuis longtemps. Le Malaguld dut se résoudre à passer la lucarne à son tour pour aider les deux femmes à soulever la grille qui ne résista pas plus longtemps une fois leurs efforts combinés.
L'obscurité ne leur permit pas de jauger la profondeur du conduit, sinon de son diamètre à peine supérieur à un yalm. L'inconscience ou le courage Dotharl refaisant surface, la jeune femme se porta volontaire pour explorer le tunnel. Enroulant une corde autour de sa taille, ses compagnons assurèrent sa descente alors qu'elle poussait sur ses jambes, son dos plaqué contre la paroi, évoluant lentement vers le fond.
Mais la corde étant trop courte pour le tunnel, elle dut se détacher, continuant son avancée plus prudemment encore. Se faufilant ensuite vers un coude que prenait le boyau, elle se retrouva sur les genoux, avançant lentement pour ne pas faire résonner ses bottes et gantelets.
Une seconde grille soudée elle aussi lui fit face. S'approchant pour observer à travers, la Xaela découvrit quelques yalms plus bas une large pièce dont elle ne parvenait pas à voir le bout. Des odeurs de métal, des étincelles, des machines ronronnant, l'Empire semblait travailler sur quelque chose qu'elle ne parvenait pas à voir depuis sa position. Elle observa de nombreux ingénieurs, mais aussi des gardes plus solidement équipés.

Décidant de ne pas prendre plus de risques pour la suite des opérations, la Xaela fit demi tour. La remontée fût plus difficile que la descente et elle rejoignit ses compagnons haletante, les informant rapidement de la découverte.

Agile et discret, le petit groupe rebroussa chemin en ayant prit soin de reposer la grille sur le puits. Leur passage à peine remarqué, ils purent regagner leurs montures, puis le Castrum dans la soirée.

Un passage secret vers un projet qui l'était tout autant pour l'Empire, l'Aigle ne s'était pas moqué d'eux.

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Re: De l'envol de l'aigle à son nid

Message par Jaghatai Dotharl le Sam 4 Juin - 23:19


On raconte avoir vu un groupe aller puis revenir de l'usine de céruléum, aux installations amajina et fils, le 28eme soleil de la première lune Astrale. Les ouvriers ne semblent pas avoir fait attention à leur manège, ni les gardes en présence, car ils étaient porteurs d'un mandat de la guilde des aventuriers pour une mission de reconnaissance dans les champs, mais il semblerait qu'une altercation ait manqué d'éclater avec l'une des sentinelles de la porte sud de l'usine. Paraît-il que ce dernier aurait été relevé de ses fonctions pour avoir consommé de l'alcool durant son service, à l'appui du confrère qui montait la garde à ses côtés.


Pour beaucoup, ils avaient disparu au retour de la pause repas du soir, et ne réapparurent que devant les sentinelles hagardes de la porte nord au beau milieu de la nuit, leurs armures couvertes de sang, de fumée et d'impacts d'armes. Une heure auparavant, au milieu des champs, une colonne de fumée noire montait en provenance d'un puits d'extraction à l'abandon depuis quelques années.

Ils regagnèrent leurs montures sans se soucier des gardes et soldats en place, peu intéressés par une quelconque discussion ce concernant, avant de prendre la route sud vers brumebleue et roncenoire.

Les investigations montrèrent qu'une fosse souterraine semble avoir pris feu, et que pour des raisons inconnues, elle débouchait sur un puits d'extraction abandonné, à distance raisonnable des bassins remplis de céruléum à ciel ouvert. Une fois la fumée arrêtée, une équipe fût envoyée par le conduit d'extraction, pour y découvrir une pièce souterraine théâtre d'un incendie et d'explosions ayant visiblement condamné une grande partie de sa surface, et malmené ce qui semblerait être du matériel impérial. En triste témoin de cet incendie explosif, la carcasse d'une griffe magitek d'au moins trente yalms de long gisait dans les décombres, ensevelie sous des gravats, ainsi que le corps de plusieurs hommes impossibles à identifier.


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Re: De l'envol de l'aigle à son nid

Message par Khorijin Dotharl le Sam 4 Juin - 23:21

Alors que la Compagnie se remettait d'un combat éprouvant qui avait manqué de faire tomber l'organisation, leurs activités devaient reprendre et continuer. En l'absence d'un quelconque signe de leurs informateurs habituels, la troupe se dirigea vers le tunnel dérobé qu'ils avaient déjà trop utiliser.
Tous savaient depuis longtemps que cette opportunité avait dès le départ ses limites, qu'elle finirait par s’essouffler et que tôt ou tard quand l'Empire découvrirait comment ils avaient semé la mort et la terreur à plusieurs reprises dans les tunnels de ravitaillement.
Et c'est ce qui avait fatalement fini par arriver. La Compagnie se retrouva devant une porte de métal blindée. Plusieurs couches épaisses de ferraille leur barrant la route juste après la grille d'accès. La frustration de l’échec gagnait quelques uns des compagnons alors que d'autres commençaient calmement à réfléchir à une solution. Mais quelle qu'elle soit, ils ne pourraient pas avancer davantage ce soir là et ils devraient se préparer à revenir mieux équipés pour utiliser une ultime fois le secret que l'Aigle leur avait confié et qui avait permis à la Compagnie de commencer à exister.

Sur le retour, la flore sauvage qui avait lentement repris ses droits sur les lieux depuis l’inhalation du premier gardien végétal s'était attaquée aux chocobos de bat, ajoutant un coup dur au moral du groupe et aux finances de la Compagnie.


Quelques jours plus tard, plus nombreux et correctement équipé, le groupe se retrouva de nouveau devant l'immense mur de métal barrant l'accès aux tunnels. Cette attaque serait la dernière, ultime provocation de la Compagnie Fantôme avant d'abandonner cette voie d'opérations. Ils devraient saboter et infliger le plus de dégâts possibles avant de faire s'effondrer le tunnel sur lui même.
Si la Compagnie ne pouvait plus l'utiliser pour harceler l'Empire, alors ils ne pourraient plus s'en servir eux non plus. L'ingénieur serait alors couverte par un maximum de combattants le temps qu'elle installe les explosifs.
Après une brève préparation et estimation des forces ennemies de l'autre coté grâce à l'ouïe fine des deux Elezens, Amélia usa de ses talents pour dessouder un accès à l'aide d'une griffe magitek récupérée et reconvertie.

Les combattants Fantômes passèrent alors la porte dans un ordre précis, appliquant les instructions du Maître : Les plus lourdement équipés en premier, furent à la merci d'une rafale de tir provenant de deux paires de tourelles Impériales à quelques yalms d'eux. Puis la seconde ligne avança, ceux qui au couvert de leurs alliés allaient infliger les dégâts nécessaires et finalement l'arrière ligne qui veillait sur les premiers à coups de sorts offensifs, défensifs et de projectiles mortels.


Les deux premières tourelles furent détruites après un échange de feu nourri, blessant sérieusement Vanoh l'Egide et le Maître de la Compagnie. Mais devant le groupe et alors qu'Amélia se pressait d'installer ses explosifs, deux autres tourelles s'activèrent alors que la première ligne se dirigeait déjà dans cette direction.
Ils durent alors essuyer à nouveau les tirs, subissant de nouveau de lourds dégâts, jusqu’à ce qu'elles soient détruites et qu'à une dizaine de yalms encore d'autres n'apparaissent. Le manège se répéta ainsi, mettant a l'épreuve l'endurance et la résistance du groupe qui essayait de gagner du temps et des yalms. Plus ils avanceraient, plus leur action serait une épine de plus dans le pied du géant Impérial.

Alors que la situation commençait à devenir critique, les lourds pas d'une machine se firent entendre à l'autre bout du tunnel et loin du combat. Tsubaki qui surveillait alors l'ingénieur, fit front seule à un Colosse Magitek.
Le courage et la vaillance de la Domienne ne suffirent pas à tenir tête à la machine de guerre, utilisant ses dernières forces pour permettre à ses compagnons de rejoindre leur accès au tunnel.
Khorijin se précipita alors sur le colosse pour soutenir Tsubaki qui avait déjà malheureusement déjà beaucoup subi de son duel avec un adversaire démesuré.


La retraite fut alors ordonnée, alors que les compagnons traînaient le corps inerte de la Domienne vers l'entrée du tunnel, les deux Dotharls tentaient de retenir le colosse le plus longtemps possible, ne reculant eux-même qu'en dernier dans la retraite. Ils prirent la galerie annexe au plus vite, semant derrière eux des explosifs pour bloquer le colosse lancé à leurs trousses qui tentait déjà de se frayer un chemin par leur accès, avant de se jeter au bas du tunnel une fois l'oasis souterraine atteinte.

Quelques secondes après et alors que tout le groupe était enfin à l’abri, les détonations retentirent, faisant écrouler une partie du tunnel sur lui même.

Dès lors ni la Compagnie ni l'Empire ne pourraient à présent continuer à utiliser ce passage dérobé sous le Thanalan, marquant la fin d'un cycle et d'une opportunité trop longtemps exploitée.


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Re: De l'envol de l'aigle à son nid

Message par Khorijin Dotharl le Sam 4 Juin - 23:21

Ce n'est que plusieurs jours plus tard, alors que rien ne semblait le prédire, que de précieuses informations arrivèrent la Compagnie sous un bien étrange stratagème. Une miche de pain récupérée au matin avec une facture payée d'avance, dissimulant un message au cœur de la mie.
La Compagnie y découvrit alors une missive signé d'une bien étrange manière, qui pourtant indiquait le nom d'un informateur qui les avait par le passé déjà aidé par le biais d'énigmes.
Celle-ci dut être alors longtemps analysée avant que tous les compagnons ne décident d'envoyer un groupe d'éclaireur vers le Nid dans le Thanalan Central.

Parmi les rapaces l'aigle damné survole et surveille de haut les plaines du Thanalan, guettant ses proies et ses prédateurs hors d'atteinte des uns comme des autres.

Mais pour celui qui foule le sol, atteindre les sommets est une tâche que les pas et les efforts ne satisferont jamais.

Un sommet semblant hors d'atteinte, abrite pourtant le nid abandonné d'un de ces majestueux rapaces. Il a laissé là l'un de ses petits, blessé mais protégé des regards sous les entrelacs de ronces noires.

Il est dit qu'il portera sur son dos ceux qui soigneront son aile brisée, les menant vers les plus hauts sommets et à la rencontre de son père.


D'Or et d'Argent

Deux lunes plus tard et sous les conseils de l'équipe d'éclaireurs, la Compagnie se rendit sur les lieux, chacun pouvant admirer une formation rocheuse de plusieurs Yalms de haut plantée au milieu d'un cour d'eau que certaines bêtes commençaient à quitter à l'approche du groupe.
Au sommet on pouvait voir une épaisse végétation florissante, qui d'après le dernier message de leur informateurs devait dissimuler un trésor.
Après une longue et dangereuse escalade, un petit groupe réussit à gagner le sommet, non sans quelques frayeurs durant l’ascension.

Les éclaireurs découvrirent alors au sommet un Aéronef impérial, un vieux modèle abîmé dans lequel un mémoquartz crypté avait été dissimulé.
Il ne restait plus alors qu'à récupérer de quoi remettre en marche ce nouveau présent de l'Aigle et de déchiffrer son dernier message, mais la série vétuste dont était issue cet Aéronef allait demander des composants spéciaux qui ne serait pas des plus facile à dénicher.


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Re: De l'envol de l'aigle à son nid

Message par Jaghatai Dotharl le Sam 4 Juin - 23:21

C'est après quelques jours et lors d'une réunion, que les différentes possibilités d'approvisionnement pour les réparations de l'Aéronef furent évoquées. Le pillage de l'épave de l'Agrius fut un premier plan envisageable, une idée venant de l'Ingénieur du groupe; Amélia Dracaena qui promettait sans doutes quelques riches découvertes mais non sans risques. Une expédition qui devrait alors être menée avec une certaine préparation et pour laquelle la Compagnie prit nombre de précautions pour ce faire. Des embarcations attendaient le groupe entier devant les eaux de Mor Dhona, récupérées en amont par les efforts de Tsubaki et Amélia qui avaient quitté le Castrum la veille dans ce but.

Deux par deux dans les barques, les Compagnons se dirigèrent lentement sur le fil de l'eau vers l'épave du croiseur Impérial. Des reflets troubles dans les eaux menaçaient à chaque instant de révéler une créature marine inattendue, jouant sur les nerfs de certains, alors que pour d'autres, le simple fait de naviguer était déjà une épreuve en soi.
Malgré tout ils rejoignirent la rive à grandes ramées et devant eux se dressait l'épave tant convoitée de l'ancien vaisseau Impérial, attirant autant les plus curieux que les pilleurs.

Une quatuor de drones de surveillance vrombissait en faisant le tour de l'épave, une maigre surveillance qui ne dérangea pas longtemps le groupe, profitant d'un éloignement pour s'engouffrer à l'intérieur.
Rouille et obscurité accueillirent la compagnie, déterminés à récupérer la technologie suffisante à la réparation de leur aéronef, ainsi que le cadavre d'un miqo'te n'ayant sans doute pas eu la promptitude d'éviter les drones.


La position de l'épave rendait la progression peu conventionnelle, les planchers en pente et les murs offrant parfois plus de prises que le sol lui même. Remontant par des écoutilles forcées par d'autres pillards passés au préalable, ils traversèrent plusieurs salles délabrées dans lesquels des terminaux et appareils magiteks avaient déjà été désossés du moindre composant utile, et continuèrent dans des couloirs arqués qui se transformèrent en pentes croissantes au fur et à mesure, jusqu'à atteindre un embranchement.
La voie de droite obstruée par un effondrement, le couloir de face et celui de gauche étaient radicalement différent, le premier présentant quelques éclairages fonctionnels et le second descendant dans les ténèbres de l'appareil. Un grondement dans le corps de l'appareil leur rappela que la démolition ici serait synonyme de mort pour l'entièreté de l'équipe.
Une flèche gravée au sol pointait vers la descente aux enfers, et le groupe décida de suivre cette voie sur laquelle de nombreuses traces indiquaient que du matériel avait été traîné et remonté le long de la pente.
Ils débouchèrent alors sur une salle des machines, vaste et dont l'état de compression des murs suggérait la proximité du point d'impact de l'Agrius avec le sol. L'endroit semblait avoir subi le gros des pillages des chasseurs de trésor, la machinerie désossée de toutes ses pièces en état, il leur sembla que la voie ne menait à rien de concret et ils regagnèrent la zone du carrefour pour explorer la zone éclairée.
S'engageant dans cette dernière, ils comprirent rapidement pourquoi les chasseurs de trésors avaient choisi de l'éviter. Une porte automatisée en état semblait délimiter un espace sous contrôle des troupes impériales, et Amélia usa de ses talents pour déverrouiller l'accès et leur accorder entrée dans une pièce ou le Maître fût le premier à mettre les pieds.
Des tirs fusèrent, maculant son plastron d'impacts noircis dans une fumée grisâtre tandis que le reste de la compagnie se déployait face à la menace : quatre drones tirant des décharges rouges et énergétiques sur eux.

En surnombre, la compagnie écarta rapidement la menace non sans essuyer plusieurs tirs critiques, se laissant le loisir d'explorer l'endroit, en bien meilleur état que les étapes précédentes. Des armures Magitek étaient stockées là avant le crash de l'appareil, celles dont les appuis magnétiques avaient flanché gisaient contre un des murs de la pièce en pente, tandis que d'autres semblaient presque intactes. Une inspection rapide leur permit de récupérer plusieurs composants utiles et pouvoir ainsi préparer la réparation d'une pièce supplémentaire de l'aéronef. Un tunnel menant vers un autre secteur fût exploré par Callidia, l'elezen, et elle entendit plusieurs voix converser avant qu'un appareil ne semble décoller de ce qui apparaissait comme un pont. Constatant le surnombre, la compagnie fondit sur les deux gardes en faction alors que l'aéronef entamait sa ronde au loin, ignorant le sort que venaient de subir leurs collègues.

D'autres appareils endommagés stockés sur le pont, la Compagnie put récupérer sur ceux-ci une transmission en état et un condensateur de données flambant neuf. L'opération réussie, ils se retirèrent avant le retour de la patrouille, retournant dans les méandres de l'appareil pour regagner leurs embarcations à la barbe des drones. L'alarme ne retentit qu'une fois qu'ils étaient depuis longtemps au sein des eaux scintillantes entourant l'épave, hors de portée et de danger.


[hrp]Event daté du 06/04/16, vive les résumés tardifs ![/hrp]

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Re: De l'envol de l'aigle à son nid

Message par Jaghatai Dotharl le Sam 4 Juin - 23:21

Les semaines avaient passées, les informations se distillaient lentement et désormais tout semblait beaucoup plus clair.

L'aigle leur avait donné de nombreuses pistes, et qui qu'il soit, la compagnie était au grand dam de Jaghatai, redevable à cet homme inconnu semblant en savoir trop pour ne jamais les avoir approché de près.

Il y avait d'abord eu les coordonnées du tunnel servant à approvisionner Castrum Meridianum par le relais côtier du Cap vendouest qui leur avait permis d'attaquer les convois impériaux par surprise et piller le contenu des grands containers noirs qu'ils véhiculaient.
Puis une sortie apparemment condamnée de ce tunnel en exploitant les codes impériaux du Tribun de Castrum Marinum, et leur facilitant la tâche d'exfiltrer le matériel en direction du Castrum Justitiae, financé par ces butins.
Le projet Griffe de Mort également, dissimulé aux forces des immortels sous les bassins de Céruleum du Thanalan Septentrional, qu'ils avaient réduit en cendres avec précautions et supprimé l'équipe d'ingénieurs qui s'employait à restaurer ce vestige d'avant Carteneau, évitant ainsi d'ajouter dans la balance de l'empire un prototype colossal de griffe Magitek.
Puis il y avait eu les informations sur Murasaki et le piège qu'il avait tendu à la compagnie, cartes détaillées et énumération des forces dont il disposait, qui leur avait permis de déjouer ses plans et le mettre en fuite.
Le calme était ensuite retombé jusqu'à ce message dissimulé dans une miche de pain, qui les avait envoyé vers le damné et le secret qu'il renfermait : Un aéronef abîmé mais exploitable comme base pour la compagnie et pour des plans futurs.
Il avait fallu plusieurs semaines pour se procurer les pièces, réparer l'ensemble de l'appareil, avec les compétences technologiques d'Amélia. Pillage de ressources, négociation de composants et investigation qui leur avait même révélé l'ébauche d'un plan de récupération de pièces impériales par des sous-officiers de la XIVème légion.
Il était désormais opérationnel et prêt à prendre son envol, bien que l'appareil ne disposait actuellement d'aucun pilote formé et compétent.

Le memoquartz présent sur l'appareil avait parlé, révélant le reste des plans de l'aigle pour la compagnie, dans une carte détaillée mais tracée à la va vite par leur contact, encryptée dans un support de données.


C'était un plan, d'autant plus audacieux qu'il désignait le Castrum Marinum comme leur prochaine cible, leur offrant un point d'entrée, un itinéraire à suivre pour deux équipes et des objectifs à mener avant toute action final, qui semblait les mener à un affrontement de taille.

Les opérations menées par la compagnie avaient eu un effet notable sur le Cap ventdouest et le Castrum, en activité intense depuis plusieurs mois et accueillant des flots de matériel et de captifs, le sapement et la neutralisation définitive du tunnel de ravitaillement avaient fait redescendre la pression et l'importance de cette zone d'Eorzéa. Ainsi le cap était retourné à son relatif calme abandonné, au lieu des alignements de containers et cohortes de soldats en exercice qu'ils avaient pu noter dans leurs premières reconnaissances, et le Castrum Marinum avait dû en subir tout autant, devenu inintéressant pour les projets de l'empire.

C'était le moment pour frapper, en profitant des faiblesses pointées par leur indicateur, et rejoindre les profondeurs du fort impérial pour y frapper un coup des plus dur.

Ils constituèrent deux équipes au préalable, chacune chargée d'assurer des rôles différents :

L'équipe qui suivrait le trajet rouge et s'enfoncerait dans les profondeurs du Castrum serait menée par Jaghatai, et composée de Nihilien, Amélia, Callidia, Jeick et Eiwa. L'équipe qui suivrait le trajet bleu et rejoindrait les étages supérieurs du Castrum menée par les Spectres Khorijin et Deimos, et composée de Chisame, Tsubaki, Vanoh et Aselryn. S'tet quand-à-lui, garderait l'aéronef une fois amarré et une fois les deux équipes dans l'intérieur du fort.

Le mémoquartz contenant également un plan de vol automatisé, adapté aux spécificités de ce type d'appareil, et qui remplacerait l'absence de pilote au moins pour le vol aller...

Tout était prévu par l'Aigle, tout était beaucoup trop prévu pour que cela émane d'un simple soldat ou d'un sous officier. La nature des informations données trahissait un rang ayant une certaine liberté et Jaghatai savait pertinemment qu'il serait sans doute partagé sur le sort de l'Aigle s'ils venaient à le rencontrer vivant.

Au départ de roncenoire, ils rejoignirent tous le pied du damné au sommet duquel l'aéronef était suspendu, désormais remis en état. Le treuil rajouté par leur bienfaiteur leur avait permis de hisser jusque là les pièces récoltées et d'accélérer leur ascension, et l'ensemble de l'équipe marcha d'un pas décidé pour rejoindre l'Aéronef échoué là, montant sur le pont non sans une certaine appréhension.


Chacun avait un regard résolu et était prêt à y perdre la vie si cela impliquait la réussite de la mission, l'ordre avait été donné et les deux équipes avaient trente minutes pour se rejoindre en haut de l'élévateur que l'équipe rouge allait emprunter au terme de son trajet. Passé ce délai, l'équipe restante devrait rebrousser chemin sans chercher à rejoindre ou secourir l'autre équipe, car s'ils ne pouvaient d'eux même retourner au point d'entrée c'est qu'ils étaient morts et qu'il ne restait rien à sauver.

D'un hochement de son heaume, le chevalier incita la mise en route de l'appareil. Les moteurs s'allumèrent en ronflant, alors que l'ensemble des volets se réinitialisait au démarrage de l'engin. Les pièces de rechangent jouaient leur rôle et le ballon gonflé permit a l'appareil de se hisser au dessus du sol, flottant brièvement sans maître à bord.

Puis le programme de pilotage se déclencha, désignant un cap droit dans la direction duquel l'appareil s'engagea dans un sifflement et un vrombissement de turbines. La mécanique impériale dépassée depuis une vingtaine d'années offrait tout de même le confort d'un trajet rapide, même si bruyant. Le Thanalan central, plongé dans l'obscurité, défilait sous leurs yeux à peine marqué des nombreux éclairages miniers encore allumés à cette heure, avant de céder sa place aux chaînes de montagnes que l’engin évita avec altitude. De ce point culminant, l'appareil fila alors en ligne droite descendante, prenant de la vitesse, en direction du bord de mer occidental. Passant loin d'horizon et de son port agréable, l'appareil suivit la route du Castrum Marinum en affichant les couleurs et le modèle d'un engin Garlemaldais, n'alertant personne avant son arrivée.

L'appareil entama une boucle autour du fort, leur montrant dans le procédé l'étendue des canons fixés le long du revêtement, qui jusque là semblaient les ignorer fort heureusement. Une boucle au terme de laquelle il descendit en direction du pont D, accostant sans douceur contre ce dernier.

Un regard circulaire, la tension à son paroxysme. Deux sentinelles avisèrent l'appareil sans sourciller jusqu'à discerner son équipage, hétéroclite et loin d'être impérial. Dans un cri d'alerte, l'un d'eux se rua vers l'Alarum le plus proche pendant qu'ils essuyaient les tirs et ruées de la Compagnie, qui se précipitait sur la plate forme de sortie de l'aéronef afin de rejoindre le pont du Castrum. Les soldats ne furent pas de taille face au groupe les accueillant et bien rapidement, ils furent éparpillés comme de simples pantins, non sans avoir enclenché l'alarum.


Alors retentit aux hauts parleurs situés au dessus d'eux :

"Votre attention s'il vous plaît, exercice de type delta en cours, rejoignez vos postes attribués pour cette session"

Un exercice, voilà qui était étrange. D'autant que les tourelles automatisées flanquées au dessus de la porte ne semblaient pas les considérer. Ils n'avaient guère le temps de s'attarder sur ce genre de détails qui semblaient avant tout faire partie du tapis rouge leur étant déroulé. La porte s'ouvrit à leur approche, les laissant fondre sur deux autres sentinelles prises au dépourvu, faisant cas rapide de ces dernières.

Le plan leur désignait alors le corridor sur leur droite, les autres accès étant verrouillés avec pour témoin l'éclairage rouge qu'ils affichaient. Ils s'engagèrent à la suite de ce dernier, passant au milieu d'un nouveau carrefour dont les deux accès marqués d'un trait sur le plan, étaient verrouillés à nouveau. Le groupe déboucha en hâte dans un grand hangar qui servait sans doute au stockage de containers comme ils avaient pu en voir par le passé, mais désormais quasi vide au regard de l'influence qu'ils avaient eue sur les opérations. Au fond, une patrouille de quatre soldats leur offrir des yeux ronds. L'un d'eux se précipitant sur un Alarum, les trois autres ne firent que pâle figure face aux lames de la compagnie, rejoignant derechef les précédents soldats avant que les tirs multiples n'achèvent le quatrième.


Il était temps de continuer : Le croisement suivant serait celui ou les équipes se scinderaient et rejoindraient chacune leur objectif propre. Avec un mot d'encouragement, les deux groupes se séparèrent en s'enfonçant dans les méandres de la forteresse en plein "exercice d'alerte".

Le groupe du Maître évolua vers les profondeurs du fort, descendant un escalier en colimaçon sans rencontrer de résistance, avec au terme de ce dernier un long couloir éclairé de lampes de cave scellées dans leur cloche en verre. Les pas résonnaient sur le sol métallique tout en les menant vers une grande salle circulaire d'où ils entendaient plusieurs voix.

Les prenant de tout évidence pour une patrouille, les hommes plaisantaient d'une voix railleuse à l'intention des bruits de pas provoqués par la compagnie, jusqu'au moment ou ces derniers décidèrent de passer à l'action. Le pas fracassant du Maître lancé dans sa charge brisa leur envie de plaisanter, ils adoptèrent une formation de combat en mettant en garde leurs armes améliorées de technologie magitek.
Après un combat brutal durant lequel Eiwa aura fait fuser son ether en formant un brasier de ce dernier, le groupe adverse fut anéanti et ils purent se rapprocher du terminal indiqué sur leur plan. L'ingénieure Amélia s'occupa de le parcourir en hâte, comprenant rapidement son importance avant de le désactiver : Empêcher le décollage des aéronefs stockés dans les hangars du Castrum. Ceci devait certainement servir un plan dont ils n'avaient pas encore connaissance, et après avoir pris compte de l'état des blessés, le groupe du Maître dénué de soigneur quel qu'il soit continua son évolution dans les profondeurs du fort.

Les menant dans un autre corridor large et flanqué de sas verrouillés, ils évoluèrent jusqu'à un des grands hangars symétriques que l'Aigle avait indiqué sur leur carte. Ce dernier contenait plusieurs appareils dont un de très grande taille et semblait en grande partie vidé de ses effectifs par les manœuvres d'exercice simulées. Un petit groupe d'ingénieurs s'affairait à entretenir un appareil tandis que deux soldats patrouillaient avec une conviction assez faussée.
Saisissant une grenade, Amélia se coordonna avec Eiwa pour les prendre par surprise d'un déluge de foudre et d'explosifs. Néanmoins leur plan fût mit en péril dès le lancer, la sort de la Miqo'te frappant de plein fouet la charge explosif en vol, la déclenchant prématurément et empêchant chacun des artifices d'atteindre ses cibles à temps.
L'alerte donnée, le groupe n'eut plus d'autre choix que d'entamer le combat traditionnellement, Nihilien quelques pas derrière le Chevalier noir, ils engagèrent les hostilités sous les tirs des ingénieurs tentant de défendre leur secteur. Le givre les prit au dépourvu après quelques échanges fructueux, neutralisant le groupe d'ingénieurs tandis que les compagnons se battant contre les gardes les supprimèrent froidement, dominant largement de leur technique et leur violence.

Suivant le plan et très proches de la limite de temps imposée par le Malaguld, ils s'engagèrent le long du mur sur leur gauche jusqu'à rejoindre la position de l'élévateur qui devait les ramener proches de l'équipe bleue. D'un hochement de heaume approbateur, Amélia reçut la consigne de l'actionner et la large dalle métallique se souleva avec lenteur en les emportant vers les étages supérieurs du Castrum. L'attente était sans fin et chacun espérait, confiant néanmoins, que l'autre équipe les rejoindrait au terme de cet ascenseur, et qu'ils n'auraient pas à rebrousser chemin en considérant la moitié de leurs forces anéanties et perdues.

Les Spectres de la Compagnie prirent la tête de l'autre groupe, qui progressa dans un premier temps dans un couloir désert, tapissé de plaques polies. Des lumières bleues, sur les cornières supérieures des murs, pulsaient doucement, comme basculées dans un mode dégradé. Les hauts parleurs du Castrum grésillèrent, et une voix féminine aux accents métalliques se mit à énoncer inlassablement des procédures d'exercices d'alerte pré-enregistrées.

Les compagnons arrivèrent devant une large porte aux deux battants coulissants, grande ouverte et bloquée dans cette position. La baie donnait sur une grande plate-forme, qui possédait quatre portes à ses points cardinaux, dont trois verrouillées. Seule une des portes était ouverte. Les compagnons s'approchèrent de l'ouverture, et les plus alertes réalisèrent qu'une patrouille approchait. Le groupe s'organisa pour tendre une embuscade à un Myrmillon Impérial, flanqué de deux Secutors. Les Impériaux défendirent leur vie avec une certaine ardeur, mais le piège se referma finalement sur eux.


Le groupe s'engagea ensuite un couloir beaucoup plus sombre, qui déboucha sur une salle circulaire, bardée de tuyaux et de vérins, où une opposition plus forte les attendait. Un Centurion Elezen équipé d'un fin pistolame, et flanqué de deux armures Magitek de réserve gardaient la salle de contrôle des armements mécanisés du Castrum. Deux Hoplomaques, équipés de bouclier énergétiques bleutés, tentèrent d'empêcher les intrus d'accéder à la position du Centurion, qui enchaînait des tirs précis et efficaces sur la Compagnie. Après un combat soutenu, qui laissa des blessures non négligeables à certains membres du groupe, les Fantômes prirent le dessus et arrachèrent finalement au Centurion sa clef d'identification, et les armements mécanisés du Castrum furent désactivés, remplissant l'objectif qui leur avait été assigné.

Une fois leurs blessures stabilisées, le groupe emprunta le chemin inverse, pour rejoindre finalement une échelle de service, à l'extérieur du bâtiment principal. Ils grimpèrent jusqu'à rejoindre une plate-forme possédant un élévateur hydraulique, qui acheva de les transporter jusqu'au dernier niveau de la place forte Impériale.

L'élévateur finit par rejoindre le pallier de rendez-vous, tout juste dans les temps, et les deux équipes se réunifièrent sans avoir subi plus que quelques blessures mineures. Eiwa et Vanoh furent affectés à la défense arrière en cas de prise à revers, et, décidés, ils avancèrent d'une seule force vers la grande salle marquée sur leur carte d'épées croisées, annoncée ainsi comme une partie plus difficile.

La grande porte s'ouvrit devant le groupe, dévoilant une pièce comportant une phalange entière de soldats, une armure magitek ronflante et prête à faire feu, menés par un centurio et couverts par des archers placés sur une élévation centrale. La pièce en elle même était vaste et son extrémité opposée était surplombée d'un portrait en armure d'un officier impérial, certainement le Préfet du Castrum. Deux canons à opération manuelle flanquaient cet accès, comme des menaces imminentes si le flot de soldats ne suffisait pas.

Démarrant les hostilités, l'armure Magitek ronfla une rafale de tirs sur le groupe qui faucha la première ligne à commencer par le Septième Maître. La contre attaque ne se fit pas attendre, certains profitant de leur mobilité pour atteindre les archers malgré le danger de l'isolement, d'autres firent front avec puissance et fracas pour repousser et déstabiliser les lignes ennemies.

Echanges de tirs, lames, boules de feu expédiées de plein fouet sur Chisame. L'armure magitek enchaînait les rafales pour décimer le groupe, à peine contenue par les premières lignes plus exposées.

Lorsqu'un ordre fût beuglé, des ingénieurs rejoignirent les deux canons du fond de la pièce, les braquant sur le groupe avant qu'une détonation ne les emporte dans les flammes avec leurs pilotes : Le sentiment d'une aide omniprésente se fit plus perceptible pour la Compagnie, et chacun serra plus fort ses armes pour se battre avec plus d'intensité encore.

En hauteur le combat faisait rage avec autant d'intensité, Callidia et Khorijin faisant face à plusieurs adversaires, mais leur combativité mit à terre les archers et elles purent redescendre prêter main forte au reste de la compagnie, qui avait déjà nettement amoindri les adversaires.

Malgré le nombre et l'armement, le pilote magitek fut jeté à terre de son engin et mis à mort, tandis que le Centurio déjà mis-à-terre une fois tentait une fuite malhabile et zigzagante, suivi de près par le Chevalier Noir qui lui trancha la jambe sans pitié. Le Signifer en retrait tenta également une retraite, plongeant Jeick dans la torpeur avant de s'enfuir les jambes à son cou, abattu par les différents tirs des compagnons dans sa course.

Un rapide bilan des effectifs, chacun avait subi de lourdes blessures, plus encore pour Tsubaki et Nihilien dont les adversaires avaient fait preuve d'une sauvagerie surprenante, que ce soit de revers de hoplon en plein visage, ou d'une lance en travers du corps. Le Maître lui même affichait un bras ballant et ruisselant de sang poisseux, sa lourde lame maniée d'une seule main.
La priorité fut de stabiliser les plus graves blessés et les aider à continuer leur mission et s'engouffrer dans les appartements du préfet en charge du Castrum Marinum : Fabius sas Calavius.

Le couloir qu'ils empruntaient était vide, éclairé artificiellement comme le reste du fort, et la bifurcation sur leur droite les mena après un long corridor vers une pièce ronde dont l'entrée était barrée par un champ de force translucide.
Derrière ce dernier, trois silhouettes étaient visibles, l'homme du portrait rencontré dans la grande salle, flanqué de deux autre silhouettes en noir.

L'armure argentée de l'homme dessinait ses contours avec une certaine agressivité de l'autre coté du champ de force, dans sa main était logée un Pistolame ouvragé, personnalisé sans doute sur une base de revolver au barillet rutilant. Il faisait face au groupe, contemplant leur état déplorable suite à la confrontation précédente.
Le Maître n'avait pas lâché sa lame, la traînant d'un bras tandis que l'autre pendait le long de son corps, l'épaule pratiquement trouée par les assauts du Centurio. Il se plaça néanmoins en amont faisant face à celui dont ils ignoraient tout ou presque.

Derrière lui les silhouettes des deux personnages se dessinaient dans la pièce peu éclairée, armures massives et heaume intégrale pour l'un d'eux, pour l'autre un casque à visière laissant peu deviner ses traits.

Celui qui était sans le moindre doute Fabius sas Calavius prit alors la parole :

"Vous pensez pouvoir librement pénétrer dans MON Castrum et venir menacer ma propre vie ? J'ignore de quelle manière vous vous êtes introduits jusqu'ici mais je vais m'occuper de terminer votre cas, et réduire à néant votre petite compagnie."

Joignant ses gestes à la parole, il arma sa pistolame, se préparant à achever les compagnons déjà en piteux état. Soit il était bon acteur, soit malgré l'utilisation de ses codes de sécurité à répétition, Fabius sas Calavius n'était pas l'Aigle qui les avait guidé jusqu'ici.

Alors qu'il se préparait à combattre ou entamer un nouveau discours menaçant, une détonation retentit derrière lui et le contenu de son casque se répandit sur le champ de force comme un bol de soupe contre un mur.
Dans son dos, l'homme en armure noir tenait son arme à feu encore fumante en direction du sas, avant de la rabaisser lentement une fois ce fait et alors que le corps du Tribun de Castrum Marinum s'effondrait au sol.


S'avançant de quelques pas vers le groupe en contournant l'autre officier qui avait prit position pour le protéger, l'homme prit la parole d'une voix déformée par son armure de combat :

"Mon nom est Ion tol Callidus, mais vous me connaissez davantage sous le surnom de l'Aigle. J'ai employé ces derniers mois et une affectation fortuite en tant que superviseur des opérations de ravitaillements transitant par ce Castrum pour vous offrir des indices et vous mener vers un plan jusque ici.
Je vous propose de vous faire sortir d'ici indemnes et de m'exfiltrer dans le même temps hors de ces murs et de l'empire de Garlemald. Si vous acceptez mon offre, je mettrai mes connaissances et mes compétences à votre service, ainsi que celles de mon second."
Dit-il solennellement en désignant la femme armurée.

Il désactiva le champ de force en guise de bonne foi et c'est avec une intonation sensiblement agacée que le Maître de la Compagnie lui accorda la vie sauve. L'aigle se contenta alors de hocher la tête, emmenant avec lui un poste de soudure tout en s'adressant à son second :

"Aless, prends mon chat s'il te plaît."

Le pas armuré et cadencé, ils menèrent le groupe jusqu'à l'élévateur emprunté par l'équipe rouge, l'actionnant pour descendre dans les profondeurs du fort une fois de plus. A mi chemin, l'Aigle tira de son arme sur les commandes de l'élévateur, le bloquant dans le processus et s'affaira à ouvrir un accès dans le mur leur faisant face à l'aide du poste à soudure. Une couche d'abord, puis des câblages et tuyauteries à écarter et enfin une seconde couche : Ils purent s'y faufiler sans mal et rejoindre le pont marqué D sur la carte fournie, celui ou leur aéronef était amarré.

Aucune résistance, aucun adversaire, deux armures magitek l'une blanche et l'autre noire était posée à coté de l'appareil, l'Aigle se tourna à nouveau vers eux :

"Ce sont nos armures tactiques, elles seront utiles à l'avenir et il serait de bon ton de les emporter."

Malgré quelques hésitations, les armures furent chargées à bord et l'homme prit les commandes du véhicule, le groupe préférant visiblement un pilote expérimenté même anciennement ennemi que confier la barre à une pilote novice et strictement théorique.

Dans une embardée, l'appareil s'écarta du pont auquel il était amarré, s'éloignant à plein gaz du Castrum. L'équipe rouge avait bloqué les aéronefs au sol et l'équipe bleue désactivé les armements extérieurs du Castrum, aussi le plan de l'Aigle commençait à se dessiner : La fuite était sans risques désormais même si le Castrum passait en alerte maximale.
Il tourna son casque vers la femme :

"Aless, actionne le détonateur"

Cette dernière s'exécuta et une explosion retentit en hauteur, visiblement une pièce latérale du Castrum.

"Je n'aurai pas pu piéger l'intégralité du Castrum, mais la pièce dans laquelle nous nous sommes rencontrés gît désormais entre ciel et mer. Cela devrait les pousser à nous considérer morts quelques temps, mais ça ne durera pas."

L'appareil filait vers le sud est, montant haut au dessus des montagnes dans le sifflement de ses turbines. Les lumières du Castrum Marinum étaient déjà loin derrière et celles de la baie des vèpres les rejoignaient aussi rapidement. La conduite de l'Aigle était sportive et peu compréhensive des frileux du transport aérien, pourtant la plupart des compagnons se laissèrent choir contre le bastingage, fermant les yeux et profitant d'un peu de repos pour calmer leurs esprits ou leurs blessures.


Il ne fallut que moins d'une heure pour rejoindre la Coupe et ramener l'appareil dans le hangar du Castrum, aménagé d'avance pour récupérer l'appareil après son vol d'essai. Ils descendirent de ce dernier jusqu'à l'atelier et Jaghatai se tourna alors vers la Compagnie :

"La mission est un succès. Chacun de vous à agi en adéquation avec nos attentes. Mettez l'Aigle et son complice sous les fers, nous aviserons de leur sort plus tard en fonction des éléments et d'un interrogatoire."

Certains furent surpris, ou consternés d'une décision aussi radicale envers un allié de longe date et si précieux, mais ils n'eurent le choix d'obtempérer.

La compagnie était venue, avait vu et avait vaincu. Dans une mesure adaptée à ses effectifs cependant. Fabius sas Calavius n'était plus et l'élimination d'un Tribun était le paroxysme de ce que la Compagnie avait pu infliger à l'empire jusque là.

Et pourtant, deux autres Tribuns étaient désormais dans leurs geôles à attendre leur sort.



[hrp]Event des 18&19 avril, clôturant notre première campagne qui dure depuis la création de la Compagnie Fantôme ! Merci à tous les participant ![/hrp]

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